Au fronton du Lycée Dachsbeck, rue de Ruysbroek.
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J'en saigne ...

Je crains l'homme d'un seul livre (St Thomas d'Aquin)

Il n'y a pas que "Les risques du métier (Jacques Brel)"

Les premiers marqueurs de la civilisation

Publié dans le Sydney Morning Herald (Sydney)

Un étudiant a demandé, un jour, à l’anthropologue américaine Margaret Mead quels étaient les premiers marqueurs de la civilisation. La fabrication de pots en terre ? D’outils de chasse ? D’artéfacts religieux ? Réponse de Mead : un fémur guéri d’une fracture.

À l’état sauvage, un animal qui se fracture le fémur ne peut pas survivre. Il faut six semaines pour que l’os se répare, ce qui signifie que quelqu’un a du prendre le temps de s’occuper de la personne blessés, de panser la blessure, de transporter le blessé à l’abri et de le soigner jusqu’à son rétablissement.

65 ans et plus? Le bel âge!

La Libre, 14 mai 2020 - Édito Par Francis van de Woestyne

Pour éviter qu'il n'entraîne un rebond du virus, le déconfinement doit être progressif. Tous et toutes, nous pouvons élargir notre horizon à condition d’être raisonnables. Tous et toutes, oui. Car il est une idée saugrenue, voire choquante, que l’on voit fleurir chez certains experts, ces nouveaux druides : les sorties seraient autorisées mais découragées pour les aînés ! Imagine-t-on leur faire porter un insigne sur la poitrine pour mieux les repérer, les plus de 65 ans, coupables d’être nés au milieu du siècle dernier ? À la maison, les cheveux blancs, les pensionnés, les grands-parents ! Au rebus ces individus qui ont déjà bien vécus ! Au placard, les vieillards !

Selon une étude anglaise, publiée dans Le Figaro, l’âge serait l’élément le qui a le plus d’impact sur la probabilité de décéder du coronavirus. La prudence reste donc de mise, bien sûr, de rigueur. Mais qui est vieux, et à quel âge ? Le troisième et le quatrième âges ne sont plus ce qu’ils étaient. L’été indien d’une vie est plus ensoleillé qu’avant. Un septuagénaire est-il vraiment plus à risque qu’un quadra qui aurait plusieurs faiblesses physiques ?

La mauvaise nouvelle est que nous mourrons tous. La bonne, c’est que nous ne mourrons pas tous du Covid-19. Et ceux qui en sont atteints ont encore 95% de chance de s’en sortir. Le « sanitairement correct » est indispensable pour que la vie reprenne sans heurt. Mais le danger, ce ne sont pas les aînés ; c’est le manque de tests à grande échelle, le manque de matériel de protection, et surtout le non-respect des gestes de distanciation sociale.

Il faut donc éviter, dans les discours savants, de stigmatiser la population des « aînés » et de faire peser sur leur tête la responsabilité des échecs. Une société a besoin de touspour vivre, pour vibrer : aussi bien des visages jeunes que des peaux ridées où se lisent les vies, les bonheurs, les douleurs. Il faut des entrelacs d’âges, ce mélange des genres et des expériences pour « faire société ». Nous avons tous un grand-père, une grand-mère, un oncle, une tante qui nous a inspirés, à qui nous avons confié nos premiers émois. Ne privons pas nos enfants de ce plaisir. Les aînés s’investissent corps et âme dans le bénévolat, dans toute une série d’activités sociales et familiales. Limiter leur rôle, ce serait, précisément, les faire mourir à petit feu.